La cocaïne

D'où vient la dépendance?

 Mentionnons d'abord que la cocaïne (de même que les amphétamines) se classe parmi les agents qu'on dit stimulants du système nerveux central. Si une grande part de l'information présentée ici s'applique aussi à la dépendance à l'alcool et aux autres drogues, certaines données concernent spécifiquement cette famille d'agents chimiques. La dépendance est le fait de chercher à consommer une substance de façon compulsive sans égard aux conséquences négatives (sociales, psychologiques et physiologiques) de cette consommation. La dépendance semble se développer lorsqu'un usage répété de la substance modifie certains neurones (cellules nerveuses) du cerveau. On sait que les neurones libèrent des neurotransmetteurs (diverses substances chimiques) pour communiquer entre eux; chaque neurone peut libérer des neurotransmetteurs et en recevoir (par le moyen de récepteurs). On croit que ces stimulants amènent une modification physiologique permanente de certains récepteurs des neurones, affectant ainsi leur fonctionnement général. De plus, les stimulants du système nerveux central (dont la cocaïne) augmentent le taux de trois neurotransmetteurs dans le cerveau : la dopamine, la norépinéphrine et la sérotonine.L'ensemble des neurones ainsi modifiés produit l'euphorie (dopamine), le sentiment de confiance (sérotonine) et d'énergie (noradrénaline) typiques de la prise de cocaïne.

La dopamine. Elle est normalement libérée par les neurones pour activer les réflexes de satisfaction. L'excès de dopamine semble le principal problème de la dépendance, car les réflexes de satisfaction ne se déclenchent plus normalement dans le cerveau.

 La noradrénaline. Normalement libérée en réponse au stress, elle provoque l'accélération du rythme cardiaque, l'élévation de la pression sanguine et d'autres symptômes ressemblant à ceux de l'hypertension. Le sujet expérimente un accroissement de l'activité motrice, avec de légers tremblements dans les extrémités.

La sérotonine. La sérotonine participe à la régulation de l'humeur, de l’appétit et du sommeil. Elle exerce une action calmante sur le corps. 

=>La cocaïne agit en empêchant la recapture de la dopamine,de la noradrénaline et de la sérotonine au niveau des synapses.ce faisant,elle augmente la présence et donc l'effet de la dopamine,notamment au niveau du cerveau des émotions (système limbique)

 

Système de récompense

 

 

La dopamine active chez l'homme un circuit appelé le "circuit de la récompense". Il s'agit d'un ensemble de structures cérébrales qui, comme un baromètre, nous indiquent à chaque instant dans quel état physique et psychique nous nous trouvons. Lorsque la quantité de dopamine augmente dans ces structures, quelle qu'en soit la raison, nous ressentons du plaisir et considérons que tout va bien, même si par ailleurs notre corps souffre ou que nous sommes déprimés.

Ainsi les drogues, par leur action biochimique, modifient la conscience que nous avons de notre environnement et de nous-mêmes. La prise répétée de drogues modifie à long terme la façon dont notre cerveau perçoit l'origine de ses satisfactions et perturbe notre recherche du plaisir, entraînant ainsi chez certaines personnes des phénomènes de dépendance.

Synapse

Pour passer d'un neurone à un autre, l'influx nerveux se transforme en messages chimiques qui prennent la forme d'une substance sécrétée par le neurone, le neuromédiateur, comme par exemple la dopamine. Il existe différents neuromédiateurs (la dopamine, la sérotonine, l'acétylcholine, etc.) qui se lient à des récepteurs spécifiques. Le neuromédiateur traverse l'espace situé entre deux neurones, la synapse. C'est sur ces processus qu'agissent les substances psychoactives.

Connexion entre deux neurones

À l'intérieur du cerveau, les informations circulent sous forme d'activité électrique, appelée influx nerveux ; elles cheminent des dendrites au corps cellulaire, où elles sont traitées, puis du corps cellulaire à l'axone. Quelle que soit la substance, le cerveau est la première cible.

Conclusion:

=> Excitant puissant,la cocaïne provoque une dépendance psychique importante.Il est difficile d'arreter une consommation intense de cocaïne tant le besoin d'en reprendre (appelé "craving") est important.L'apaisement,même avec la consommation d'une autre substance,est très difficile à obtenir.

 

Traitement général

 L'approche classique comprend deux aspectsPour parvenir au sevrage, il faut évidemment d'abord cesser de consommer et mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour ne plus se trouver en contact avec la substance. Si le sevrage entraîne des manifestations graves (délire psychotique ou dépression), il est nécessaire de consulter un médecin. Le traitement de la dépendance comprend des médicaments et des interventions comportementales.

 Pharmacothérapie

 Pour l’instant, il n’existe pas de traitement pharmacologique de la dépendance. En revanche, des médicaments se sont avérés efficaces pour traiter certains effets secondaires durant le sevrage, comme la dépression ou les crises. Parmi ceux-ci, mentionnons les antidépresseurs, les régulateurs de la dopamine (amantadine, apomorphine, bromocriptine) et les anticonvulsivants. Chez les usagers intoxiqués à la fois aux opiacés (par exemple, l’héroïne) et à la cocaïne, des études ont démontré que la méthadone peut aider à réduire la consommation de cocaïne

.Interventions comportementales

 Il s'agit ensuite de trouver une aide psychothérapeutique pour prévenir les rechutes.La thérapie cognitivo-comportementale, appelée aussi approche « behaviorale », se base sur l'idée que les processus d'apprentissage jouent un rôle déterminant dans le développement d'un comportement mésadapté; par conséquent, toute personne peut désapprendre un comportement et en apprendre un autre, mieux adapté (à ses besoins actuels). Les nouveaux comportements appris durant le counseling permettent à l'individu d'utiliser la stratégie adéquate (différente d'une personne à l'autre) pour :
- éviter tout contact avec la substance;
- faire face aux états de manque;
- reconnaître les signes avant-coureurs d'un état de manque et trouver les moyens de l'éviter;
- résister à l'impulsion de consommer de nouveau.
Selon le NIDA, l'expérience démontre que les habiletés acquises durant les thérapies de ce type demeurent accessibles aux dépendants après la fin de leur traitement. Dans plusieurs cas, le counseling avec les membres de la famille et les proches s'avère également nécessaire afin d'aider ceux-ci à communiquer de façon appropriée avec la personne dépendante et à la soutenir dans sa démarche.
Le NIDA recommande également des séances de psychothérapie spécialement adaptée aux besoins des toxicomanes. L'accent doit être mis sur le rôle que joue la drogue en relation avec les sentiments et les comportements, et à trouver des solutions sans recourir à la drogue. L'approche doit couvrir deux volets :
- du soutien pour aider les personnes à parler de leurs expériences personnelles;
- des techniques de communication pour aider les personnes à identifier les problèmes de relations interpersonnelles et à agir sur ces problèmes.

Le soutien des pairs (autres dépendants qui ne consomment plus) est important dans le processus de rétablissement. La plupart des groupes de soutien utilisent l'approche des 12 étapes, élaborée il y a plusieurs dizaines d'années pour les alcooliques et pratiquée abondamment à travers le monde pour toutes sortes de dépendances. Pour les consommateurs de cocaïne, le mouvement s'appelle Narcotiques Anonymes (NA). Il existe près de 20 000 groupes NA à travers le monde, qui tiennent des réunions au moins une fois par semaine. Le travail des 12 étapes comprend une analyse des racines psychologiques de la dépendance.

Ouverture =>

 

Un supplément de cystéine pour calmer l'envie de cocaïne? 

 

Plusieurs traitements ont été éprouvés dans le but d’aider les cocaïnomanes à surmonter leur dépendance, mais aucun ne s’est avéré efficace de façon constante. Cependant, des chercheurs oeuvrant au Center for Drug and Alcohol Programs, à la Division of Clinical Neurosciences et au Department of Neuroscience de la Medical University of South Carolina (MUSC) viennent de faire des découvertes qui pourraient offrir de l’espoir aux cocaïnomanes.

 

Perte de contrôle

 

À l’instar de plusieurs substances, la consommation de cocaïne a pour effet de modifier la réponse du cerveau à cette drogue. Par conséquent, l’utilisateur est incité à vouloir revivre son expérience de la drogue, ce qui ouvre la voie à une descente en spirale vers la dépendance. Les expériences menées sur des rats laissent croire que l’origine de la dépendance se trouve dans les profondeurs d’une région du cerveau appelée noyau accumbens. On croit que cette région du cerveau contribue à déclencher des comportements essentiels à la survie (tels que manger et avoir des relations sexuelles). Chez les toxicomanes, cette région est accaparée par le processus de dépendance, ce qui pousse l’individu à chercher sa drogue autant sinon davantage que la nourriture, le sexe ou quoi que ce soit d’autre.

 

Les recherches sur les rats jettent de la lumière sur les mécanismes de la dépendance

 

Les chercheurs ont découvert que la dépendance à la cocaïne réduit la quantité de glutamate (un neurotransmetteur) dans l’accumbens. Si la quantité de glutamate est insuffisante, la régulation correcte de l’accumbens est perturbée, et celui-ci devient extrêmement sensible à la cocaïne. Heureusement, on peut augmenter le taux de glutamate grâce à la cystéine, un acide aminé courant qui se vend habituellement sous forme de N-acétyl-cystéine (NAC). Lorsqu’elle est ingérée, la NAC aide le corps à libérer le glutamate qu’il garde en réserve. Lorsque le taux de glutamate revient à la normale, l’accumbens peut fonctionner plus normalement, ce qui pourrait aider les gens à se sentir moins obnubilés par le désir de consommer de la cocaïne. Lors des recherches menées à la MUSC sur des rats cocaïnomanes, l’administration de suppléments de NAC a semblé restaurer un taux de glutamate normal et réduire significativement les comportements liés à la recherche de cocaïne. Encouragés par ces résultats, l’équipe de la MUSC a décidé de mener une étude sur la NAC chez des cocaïnomanes humains.

 

Il semblerait que ces expériences menées en 2006 n'ait pas abouti, néanmoins, je trouvais intéressant de les mentionner. Cela met en évidences le souci qu'adresse les chercheurs à la cocaïnomanie.

 

 

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